L’abbé Henri Péan est une de ces petites mains de la Résistance dont la figure a été oubliée et que l’on évoque parfois localement. Le livre de Jean-Gilles Dutardre vient donc à juste titre nous rappeler que ce prêtre, plutôt fantasque pour l’époque, fut à lui seul ou presque l’âme de la Résistance dans le sud de la Touraine.
Ce sont très certainement plus de deux mille fugitifs – prisonniers de guerre évadés, Juifs ou encore aviateurs alliés – qu’il contribua à faire passer en zone libre. Bientôt à la tête de l’un des plus importants réseaux de la région, l’abbé Péan transmit à Londres de nombreux renseignements et organisa également de nombreux parachutages. Jean-Gilles Dutardre nous montre que le prêtre, plusieurs fois mis en garde par sa hiérarchie à laquelle déplaisaient ses activités, montra au cours de son action un réel mépris du danger. Arrêté en 1944, Henri Péan fut mortellement torturé par la Gestapo, sans jamais avoir parlé. Les sévices infligés ont été tels qu’il a été impossible à l’époque de déterminer la cause exacte de sa mort.
Cette biographie publiée aux éditions Anovi est particulièrement intéressante en ce qu’elle brosse le portrait d’un type de résistant particulier. Celui qui, mis devant le fait accompli, débute modestement en faisant franchir la ligne de démarcation et évolue sensiblement par la suite vers un engagement plus profond. Rien ne prédestinait effectivement Henri Péan à devenir un chef de la Résistance. Ce sont bien les circonstances qui se sont imposées à lui.
Abondamment illustrée, d’une lecture aisée, cette évocation doit beaucoup au livre fascicule de l’abbé Perret publié en 1948 et intitulé « Le curé de Draché ». Toutefois, Jean-Gilles Dutardre s’est appliqué avec beaucoup de rigueur et de détermination à rassembler les rares documents qui subsistent à ce jour et qui concernent Henri Péan. Il réussit ainsi à préciser bien des choses sur son arrestation et la découverte de son corps après-guerre.
Ouvrage disponible à la vente sur le site des éditions Anovi : www.anovi.fr.