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KKK

Le Ku Klux Klan

Farid Ameur

Avril 1865. La Confédération sudiste, après quatre ans de conflit, succombe sous les assauts de l’armée du Nord. Pour elle, cette défaite, la réunification qui s’ensuit, c’est bel et bien un monde qui s’écroule. Désormais, l’esclavage est définitivement aboli en Amérique du Nord. Dorénavant, les Noirs deviennent théoriquement les égaux des Blancs. Ce constat est insupportable aux yeux de bien des Américains sudistes. Les plus fanatiques d’entre eux, ne se tenant pas pour battus, se réunissent au sein de plusieurs « amicales », en vérité de véritables formations paramilitaires qui se donnent pour mission de restaurer la suprématie de l’homme blanc sur ces terres conquises de haute lutte par les Yankees. L’un de ces groupuscules, le Ku Klux Klan, survivra aux années dites de la « Reconstruction », c’est-à-dire la période de l’après-guerre de Sécession au cours de laquelle les Etats du Sud vont recouvrer une réelle autonomie intérieure.

Le Klan nourrit depuis l’imaginaire collectif. Ces hommes revêtus de capuches blanches, tortionnaires et meurtriers, adeptes de rites passablement obscurs inspirés du cérémonial maçonnique, auraient étendu leur emprise sur une partie non négligeable des Etats-Unis, et auraient même compris plusieurs chefs d’Etat dans leurs rangs. Le tableau nécessite toutefois plusieurs retouches, effectuées ici par un historien de la nouvelle génération des universitaires français spécialistes des questions américaines, auteur d’ouvrages de synthèse bienvenus sur la Guerre de Sécession ou la bataille mythique de Fort Alamo.

C’est que cette organisation a connu une évolution contrastée, tenant compte des crises identitaires de l’Amérique. Il ne fait surtout parler de lui que dans les années qui suivent la guerre civile, avant que le retour à l’autonomie des Etats du Sud cesse de justifier ses actions. Il faut attendre la Première Guerre Mondiale et la dérive sécuritaire anticommuniste et xénophobe qui s’ensuit pour réactiver ce mouvement, lequel acquiert une envergure nationale, avant de s’effondrer de nouveau, victime de ses désunions, de la corruption, de la résistance pugnace de ses adversaires, et de son inadaptation – paradoxale – à la « grande dépression ». Dans les années quarante, le coup de grâce est porté par l’administration fiscale, qui met le Klan sur la paille. Mais la lutte des Noirs pour leurs droits civiques contribuera à le faire renaître de ses cendres, sombrant de plus en plus dans la logique terroriste, concurrencé par les groupes néo-nazis.

Ce côté obscur de l’Amérique, car à la fois raciste et cupide, archaïque et irrationnel, en tous les cas dangereux, nous est brillamment dépeint par Farid Ameur, qui s’attache à retracer les origines du Klan, son évolution, son idéologie, sa sociologie même. Il répond également à quelques questions bien précises intéressant l’implication de personnalités célèbres dans son développement, ou encore son infiltration par des agents du F.B.I. ou des militants des droits civiques. Une synthèse utile - et bien écrite, ce qui ne gâche rien.

Nicolas Bernard

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Titre : K.K.K. Le Ku Klux Klan
Auteur : Farid Ameur
Editeur : Larousse
Collection : Mystères
Nombre de pages : 816
Publication : juin 2009
Prix : 12 €
ISBN : 978-2035845801

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